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A Tataouine, la vie reprend son cours après les violences

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Les activités de la vie quotidienne ont repris jeudi à Tataouine, dans le sud de la Tunisie, après les violences du début de semaine, tandis qu’une manifestation prévue dans cette ville a été reportée, a constaté une journaliste de l’AFP.

Située à 500 km au sud de Tunis, Tataouine, préfecture d’une vaste région désertique, a été le théâtre lundi de violents heurts lors desquels plusieurs dizaines de personnes ont été blessées, dont une vingtaine de membres des forces de l’ordre. Les postes de la police et de la gendarmerie ont été incendiés.

La ville a alors été désertée par les forces de l’ordre, et les commerces sont pour la plupart restés fermés durant deux jours.

Jeudi matin, sous une forte chaleur, la vie quotidienne reprenait toutefois progressivement: les commerces ont relevé leurs rideaux et des ouvriers s’affairaient pour déblayer les rues jonchées de pierres et repeindre des murs. La circulation automobile a aussi repris son cours.

Aucune présence de forces de l’ordre en uniforme n’était en revanche visible. « Il faut s’y prendre pas à pas », a déclaré à l’AFP un policier en civil, sous couvert d’anonymat.

Nommé fin avril après le limogeage du titulaire du poste, le nouveau gouverneur de Tataouine, Mohamed Ali Barhoumi, a par ailleurs annoncé mercredi qu’il renonçait à son poste pour « raisons personnelles » et son successeur n’est pas connu.

« En l’absence des forces de sécurité, et par crainte des débordements, la coordination du mouvement de contestation d’El-Kamour a décidé de reporter la manifestation prévue jeudi matin », a indiqué à l’AFP un de ses responsables, Béchir Hamdi.

Site pétrolier situé à plus de deux heures de route de Tataouine, en plein désert, El-Kamour vit depuis deux mois au rythme d’un sit-in d’habitants qui réclament une meilleure répartition des richesses et des recrutements prioritaires dans les sociétés pétrolières.

La situation s’est tendue le week-end dernier et, lundi matin, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène pour repousser des protestataires, pour la première fois depuis que le président Béji Caïd Essebsi a solennellement demandé le 10 mai aux militaires de protéger les sites de production du pays.

La coordination du mouvement de contestation assure ne pas être responsable des heurts survenus lundi à Tataouine. Ceux-ci ont débuté quelques heures après l’annonce du décès d’un jeune manifestant sur le site même d’El-Kamour, percuté par un véhicule de la Garde nationale (gendarmerie).

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