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Beaucoup de tunisiens vont mourir à Mossoul et Raqqa

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Oui, ils vont mourir sous le coup des bombardements et de la mitraille. Je ne sais pas s’il faut s’en réjouir ou s’en désoler tant le gaspillage est énorme et tant les responsabilités sont diffuses.

A deux endroits éloignés l’un de l’autre, de quelques centaines de km, ils sont encerclés dans des réduits de quelques kilomètres et font l’objet d’une chasse à l’homme mondiale.

A Mossoul (Il Maousil) en Iraq d’abord et à Raqqa (Erraqqa) en Syrie ensuite. Ils sont encerclés par des forces mondiales. Américains, russes, anglais, français, australiens, syriens, iraqiens, iraniens, libanais du Hizbollah vont les éliminer…

Des jeunes de M’Nihla, de Cité Ettadhamin, de Daouar Hichir, de Menzel Bourguiba, de Zarzouna, de Ben Guerdane… vont trépasser. Cela semble surréaliste. Il y a dix ans aucun auteur n’aurait osé imaginé un scénario aussi grotesque, aussi fou, aussi improbable…

De la chair à canon, remplie de haine et d’illusions a quitté le pays en 2012 et en 2013, munie de vrais-faux passeports encouragée en cela par des recruteurs eux mêmes financés par le Qatar et par l’Arabie Saoudite.

Les recrutements se faisaient dans les quartiers, les mosquées, les arguments étaient religieux et financiers, les dollars coulaient à flot.

L’entrainement se faisait en Libye, à Zenten et ailleurs. Des rabatteurs tunisiens facilitaient les choses et percevaient des commissions. Les noms des responsables de cette tragédie circulent actuellement à l’Assemblée.

La Commission d’investigation leur court après. Beaucoup de monde essaie de bloquer son travail.

Le départ pour les champs de batailles, se faisait principalement à partir de la Libye et via Istanbul.

Des avions entiers de candidats à la mort, à l’enrichissement, au sexe halal et aux mirages ont ainsi emmené des bataillons de ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui des « rats islamistes ».

Trois ans après, nous attendons encore, l’arrestation et l’interrogatoire des responsables. Plein de preuves existent.

Transferts de fonds, enregistrements vidéos, témoignages… En attendant, ils sont là, ils nous narguent et bombent le torse du haut de leur impunité.

Par Mamoghli Chokri, universitaire

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