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Diane Krüger en femme meurtrie dans « In the fade »

Comment vivre après la mort de sa famille dans un attentat? Dans « In the fade », en salles mercredi, Fatih Akin suit Katja, une Allemande qui a perdu son mari et son fils, est interprétée par une Diane Kruger bouleversante.

Le réalisateur allemand s’est inspiré d’un épisode récent de l’Histoire allemande: entre 2000 et 2007, une cellule terroriste d’extrême droite dénommée la Clandestinité national-socialiste (NSU) a tué 10 personnes, principalement des immigrés turcs, à travers le pays.

Cette affaire a suscité un tollé en Allemagne car pendant longtemps, la piste xénophobe et néo-nazie a été négligée, la police mettant en cause des proches des victimes ou soupçonnant des liens avec la mafia turque.

Fatih Akin explique dans les notes d’intention du film avoir été touché par ces meurtres, qui ont frappé « des gens ayant la même origine que moi » et les soupçons de la police à l’encontre des victimes elles-mêmes.

« Mais tout était faux », poursuit le cinéaste, qui a vu dans cette histoire et dans le procès toujours en cours de la seule survivante du trio néo-nazi accusé de ces crimes, « la matière d’un thriller efficace ».

Fatih Akin avait un scénario en tête depuis plusieurs années. Mais il a abandonné son idée de départ, où le « héros était un homme, qui tombait amoureux d’une activiste de gauche », pour choisir de se centrer sur une héroïne « blonde et aryenne » qui ne soit pas issue de la communauté turque. Une « samouraï », assure-t-il. C’est à ce moment-là qu’il a pensé à Diane Kruger pour tenir ce rôle.

« Elle est une moderne Marlene Dietrich, exilée comme elle. Je cherchais quelqu’un qui rayonne », dit-il pour parler de l’actrice, dont la carrière passe aussi bien par Hollywood (Troie, Inglourious Basterds) que par la France (Les adieux à la reine).

Un tournage éprouvant

L’ex-mannequin de 41 ans n’a pas hésité quand Fatih Akin lui a proposé d’incarner Katja Serkerci, y voyant une formidable opportunité pour jouer dans sa langue maternelle et en Allemagne, pays qu’elle a quitté à l’adolescence pour faire du mannequinat à Paris.

Pour mieux préparer le film, où elle apparaît cheveux coupés en un carré court, tatouée, sans maquillage, de noir vêtue, consommatrice de drogues, elle s’est rendue à plusieurs reprises à Hambourg et y a puisé une certaine rudesse et une certaine violence.

Le tournage n’a pas été de tout repos. « Je n’ai jamais ressenti autant de tension, de sensations, j’avais l’impression que je ne pouvais pas m’en débarrasser la nuit, les week-ends », a avoué la comédienne lors de la promotion du film aux Etats-Unis.

Elle a aussi rencontré une vingtaine de proches de victimes d’attentat. « Je n’avais pas imaginé à quel point cette expérience aurait un impact fort sur moi et ma vie personnelle », admet-elle. « C’est dur de décrire l’horreur, le désespoir, la perte, la colère de ces gens ».

Diane Kruger, bouleversante, traverse avec force le film de 1h46, découpé en trois parties et a été récompensée pour sa prestation par le prix d’interprétation féminine à Cannes.

La première partie raconte la vie de famille, avec son mari Nuri (Numan Acar), ancien dealer qui a refait sa vie après un passage en prison, et leur fils de six ans. La deuxième retrace le procès et la troisième porte sur l’avenir de Katja après le verdict, non sans quelques invraisemblances ou longueurs.

Ceci n’a pas empêché Fatih Akin, récompensé par le passé par l’Ours d’Or à Berlin pour « Head on » et le prix du scénario à Cannes pour « De l’autre côté », de remporter le Golden Globe du meilleur film en langue étrangère avec « In the fade ».

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