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Tunisie : démission du gouverneur de la BCT après la polémique

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Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, dont le gouvernement a demandé la révocation après le classement de la Tunisie sur une liste noire en matière de blanchiment d’argent, a annoncé sa démission mercredi soir.

« J’ai présenté ma démission (au chef du gouvernement Youssef Chahed) pour ouvrir la voie à une nouvelle génération de gouverneurs », a déclaré Chedly Ayari aux côtés de M. Chahed, selon de courtes images de la télévision nationale. Le chef du gouvernement a pour sa part salué « le rôle important joué par Chedly Ayari dans l’économie tunisienne ».

La démission de M. Ayari intervient à la veille d’une séance plénière du Parlement tunisien, durant laquelle les élus devaient voter sur sa révocation comme prévu par la Constitution puis se prononcer sur un économiste de la Banque mondiale que le gouvernement veut voir lui succéder, Marouane El Abassi.

Le gouvernement avait annoncé la semaine dernière avoir demandé la révocation de M. Ayari, quelques heures après que le Parlement européen a confirmé le classement de la Tunisie sur sa liste noire en matière de blanchiment.

La polémique provoquée par ce classement a été d’autant plus vive que le pays s’apprête à emprunter sur les marchés internationaux pour boucler son budget, et qu’il vient de sortir de la liste noire européenne des paradis fiscaux où il a été placé fin 2017.

Plus tôt mercredi, devant une commission parlementaire, M. Ayari avait exprimé « son amertume ».

« Ce qui s’est passé est une grande humiliation », a-t-il lancé en allusion aux circonstances entourant la demande de sa révocation ainsi qu’au bruit médiatique entourant l’arrestation pour blanchiment et corruption d’agents de la Banque centrale. « C’est nous qui avons porté plainte contre ces agents », a-t-il rappelé. « Que certains fassent le lien entre ces personnes et lui est mesquin et vil », a-t-il tonné.

Le chef du gouvernement Youssef Chahed a dit « condamner les campagnes qui ont visé M. Chedly Ayari alors que c’est une personnalité nationale qui a servi le pays ». « Quels que soient les conflits, il faut respecter les personnalités nationales », a-t-il affirmé.

La Banque centrale tunisienne est déjà sous pression avec des réserves en devises particulièrement basses, équivalentes à 11,903 milliards de dinars tunisiens (cinq milliards de dollars) le 12 février, soit de quoi couvrir 84 jours d’importations, selon ses statistiques. C’est le niveau le plus bas depuis 14 ans.

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