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Tunisie: des indicateurs « effrayants » inquiètent la BCT

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La Banque centrale de Tunisie (BCT) s’est dite jeudi inquiète d’une situation économique marquée par certains indicateurs « effrayants », en défendant sa récente décision d’augmenter son taux directeur.

« L’inflation est en train de monter à des niveaux anormaux. On a longtemps vécu avec des taux d’inflation à 2-3% puis on est passés à 4-5%, soit à un nouveau palier. Aujourd’hui, nous sommes à 7,1% », a déclaré le nouveau gouverneur de la BCT, Marouane El Abassi, lors d’une conférence de presse.

« Si nous ne prenons pas des mesures, on atteindra un autre palier », a-t-il ajouté, en disant craindre l’entrée dans « une inflation incontrôlée ».

« Or la stabilité des prix est l’objectif premier et majeur de n’importe quelle Banque centrale » et c’est pourquoi « des décisions parfois douloureuses mais nécessaires » doivent être prises, a-t-il souligné en référence à la hausse du taux directeur de 75 points de base à 5,75%.

La BCT avait annoncé cette hausse lundi soir pour « faire face à des risques réels d’une poursuite de l’inflation (en 2018), préserver le pouvoir d’achat des citoyens et favoriser les conditions d’une croissance saine ».

Le déficit courant a lui dépassé les 10% en 2017, « une première » a précisé lors de la même conférence de presse Mourad Abdesselem, un haut responsable de la Banque.

« Pour moi, en tant qu’économiste, ce sont des chiffres effrayants », a affirmé le gouverneur de la BCT, en rappelant que le déficit commercial avait lui aussi atteint des chiffres record.

Après plusieurs années de morosité, la Tunisie a enregistré un taux de croissance de 2% en 2017, et le gouvernement vise 3% cette année.

Malgré la réussite de sa transition démocratique après la chute de la dictature en 2011, le pays n’est pas parvenu à faire redémarrer son économie.

En difficulté financière, notamment du fait de la crise du secteur touristique après une série d’attentats en 2015, il a obtenu en 2016 un prêt de 2,4 milliards d’euros sur quatre ans du Fonds monétaire international (FMI).

En échange, le gouvernement tunisien s’est engagé à une réduction du déficit public et à des réformes économiques.

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