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Condamnée pour djihadisme en Irak, elle implore la France

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Bagdad – Dans une lettre envoyée à sa mère, Djamila Boutoutaou, une française originaires de Lille, dans le nord de la France, demande au gouvernement français de « lui donner une chance ».

Djamila Boutoutaou, une Française, âgée de 30 ans, condamnée à la perpétuité en Irak pour appartenance au groupe djihadiste État islamique, implore la France de « lui laisser une chance », dans une lettre adressée à sa mère, rapporte l’agence France Presse.

Condamnée à la perpétuité en Irak en 2018 pour appartenance au groupe terroriste « Daech » elle souhaite purger sa peine en France, rapporte BFMTV. « J’accepte d’être en prison en France si vraiment vous me pensez que je suis dangereuse (j’ai envie de vous montrer le contraire, vous prouver que je suis une personne tout à fait normale) », écrit-elle dans la missive, citée par BFMTV. Datée du 5 mars, elle a été transmise à sa mère par la Croix-Rouge française.

« C’est tellement difficile, j’ai besoin d’aide, sortez-moi d’ici. J’accepte d’être en prison en France si vraiment vous me pensez que je peut être dangereuse (j’ai envie de vous montrer le contraire, vous prouver que je suis une personne tout à fait normale) », écrit-elle dans son courrier manuscrit daté du 5 mars et tamponné par la Croix-Rouge française, qui l’a fait parvenir à sa mère Saïda.

Djamila Boutoutaou, 30 ans, et son mari étaient partis en 2016 rejoindre l’organisation Etat islamique (EI). Après la mort aux combats de son époux et de son fils aîné, elle a été arrêtée et jugée en 2018 à Bagdad. Elle jure avoir été dupée et forcée par son époux à rejoindre le groupe Etat Islamique.

« Quand je l’ai épousé, il était chanteur de rap, c’est en arrivant en Turquie que j’ai découvert que mon mari était djihadiste », avait elle affirmé. « Je te jure qu’il m’a trahi, tu me connais bien, j’aurais jamais fait ça, je ne suis pas folle. Même en France, je n’étais pas libre de faire ce que je voulais », écrit-elle.

« J’ai envie de vivre une nouvelle vie, apprendre de nouvelles choses, voir de nouvelles choses, j’ai envie d’être une femme libre sans que personne ne décide de ma vie », poursuit Djamila Boutoutaou. Puis détaille: « J’ai tellement envie de marcher libre dans la rue, avec les vêtements que je veux, m’inscrire à la salle de sport, cuisiner, faire de bons gâteaux, faire de bons petits plats… »

« J’ai envie de crier, je veux être libre. Pitié, aidez-moi, que faire ? Qu’est-ce que vous voulez de moi ? (…) Ça fait maintenant un an et sept mois que je suis en prison en Irak avec ma fille de trois ans et demi, je vais envoyer ma fille, après, je n’aurai plus de raisons de vivre », ajoute-t-elle.

L’enfant a été rapatriée le 27 mars en France alors qu’elle implorait depuis plusieurs mois le gouvernement français d’intervenir pour la rapatrier.

« J’avais envie d’écrire un courrier au gouvernement (…) mais j’ai eu droit qu’à une seule feuille. J’ai envie de dire à la France: Laissez-moi une chance, vous prouver mon innocence et laissez-moi la possibilité de devenir une femme libre », écrit encore la détenue dans ce courrier également transmis vendredi par sa mère au président Emmanuel Macron.

Plus de 600 étrangers, quasiment tous des femmes, ont été condamnés en Irak en 2018 pour appartenance au groupe Etat islamique (EI), selon la justice irakienne. Parmi eux, trois Français – deux femmes et un homme – ont été condamnés à la prison à vie.

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