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Aleca: « La résistance vient des positions de monopole des groupes familiaux », selon Bergamini

Dans un grand entretien accordé au journal Le Monde, Patrice Bergamini, ambassadeur à Tunis de l’Union européenne, plaide pour une transition économique qui lui permettrait de mieux protéger la Tunisie de la détérioration de l’environnement régional.

S’exprimant sur l’un des dossiers les plus chauds soit la négociation, toujours inachevée, d’un accord de libre-échange très controversé. À l’heure où la Tunisie est cernée de défis sécuritaires régionaux, M. Bergamini critique « les positions d’ententes et de monopoles » qui entravent une transition économique aujourd’hui à la traîne par rapport à la transition politique.

« Face aux turbulences régionales, l’Europe ne veut pas perdre le soldat Tunisie »

L’avantage selon M. Bergamini, quand on parle de libre concurrence, loyale et transparente, c’est d’abord entre acteurs économiques tunisiens. Si l’on doit aider la transition économique, la forcer, la pousser, c’est parce qu’il y a des positions d’entente, de monopoles. Certains groupes familiaux n’ont pas intérêt à ce que de jeunes opérateurs tunisiens s’expriment et percent.

La résistance à l’Aleca vient surtout de ces positions monopolistiques

Malheureusement, il y a ces rugosités, ces aspérités, qui tiennent à l’ancien temps. C’était aussi le système sous l’empire ottoman, avec la licence accordée à des monopoles. Il y a encore ces apories-là qui font obstacle à la transparence et à la concurrence loyale. L’Aleca est prise pour cible par ce qu’on craint cela. Or les positions monopolistiques sont un frein à l’émergence de nouveaux opérateurs économiques, mais aussi la porte ouverte à la corruption, aux prébendes et au marché noir.

Dans le même sujet : « La BIAT organise une rencontre sur la pérennisation des groupes familiaux en Tunisie »

En campagne électorale, l’Aleca fait facilement office de bouc émissaire. On crie au loup, au libre-échange, au néocolonialisme. Il s’agit d’un accord malheureusement mal nommé. Plutôt que de libre-échange, il faudrait parler d’accord d’arrimage économique, d’intégration économique. L’objectif est d’aider au soutien de la croissance, au développement de l’emploi, à la mise à niveau de l’économie tunisienne. Le concept de l’Aleca est très attaqué en ce moment en raison de la campagne électorale tunisienne, mais sur des arguments infondés, mal renseignés ou de mauvaise foi.

L’harmonisation des règles, qui d’ailleurs ne serait pas totale, sera étalé sur dix, 12 ou 15 ans. « la Tunisie ne va pas devenir membre de l’UE »!, ajoute-t-il Rien ne sera imposé : la Tunisie choisit à la fois quels secteurs sont concernés – dans l’agriculture, les services, etc. – et à quel rythme, selon quel étalement dans le temps… C’est vraiment à la Tunisie de décider le « quand et quoi », mais le « quand et quoi » en fonction d’arguments de rationalité économique, qui lui permettront par exemple de dépendre moins des bailleurs de fonds internationaux.

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