Tunis Tribune
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Opinion : il est temps de séparer la mosquée de l’État en Tunisie !

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Je ne suis pas religieux mais je suis croyant comme pratiquement la terre entière ! Et parce que je suis croyant, je n’accepte pas d’étaler ma (mes) croyance(s) spirituelles sur la place publique car elle apprend à tout le monde et à tous les croyants et les non croyants.

De quel droit, me présenterais-je comme dépositaire ou pratiquant la meilleure croyance voire la meilleure religion, et en quoi pourrais-je servir l’humanité avec ma ou mes croyances spirituelles.
Il y a des principes universels qui se sont développés en suivant l’évolution de l’Homme depuis des milliers d’années et auxquels je m’inscris.

Ces principes (ou valeurs) tels que le respect d’autrui, la politesse, la recherche permanente du mieux vivre et collaborer ensemble, l’abnégation, l’entraide, le partage, l’engagement pour les causes justes, le refus de la misère, de l’injustice, des souffrances, du racisme etc n’ont besoin ni de Dieu ni de maitre(s) pour faire partie du comportement normal d’un humain.

Dans une démocratie, c’est la loi (par le biais de la constitution des tribunaux et de la force publique) qui gèrent les conflits entre individus et institutions.

Il n y a pas plus de noblesse chez un musulman que chez un bouddhiste, un juif ou un autre comme il n y a pas plus de bassesse chez un musulman que chez un bouddhiste, un juif ou un autre. A défaut d’être des dieux, les hommes ne peuvent juger que des choses des hommes. Dieu se charge de ce qui le concerne et, en tout puissant, n’a besoin d’aucune aide.

De nos jours, il n y a donc aucune raison de maintenir dans la constitution des références à une religion quelconque ou de s’en inspirer pour constituer des lois ou des règles sociétales. La constitution ne peut interdire de croire mais doit être délestée de toutes les allusions religieuses ou dogmatiques pour respecter la liberté de conscience de chacun. La laïcité est un combat à mener pour pérenniser la liberté dans le respect de chaque individu. Il faut avoir le courage de le faire aujourd’hui.

L’état n’est pas le représentant de Dieu sur terre. La mosquée ne doit en aucun cas être un facteur de division de la population. Aux fidèles d’en prendre soins tout en en respectant les lois de la République sans en imposer l’existence ou le financement.

Un état laïc n’est pas un état contre la religion. Il est pour la coexistence de toutes les religions sans favoritisme aucun pour l’une d’entre elles. Messieurs-dames les candidat-es, prononcez-vous à propos de ce sujet !

Par Ali Gannoun, universitaire

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