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Un dicton à Zied Krichen: « le journalisme, c’est le contact et la distance »

Moi, qui suivais ses chroniques presque quotidiennement sur Mosaïque FM et qui étaient souvent dominées par une objectivité digne d’un journaliste réputé impartial et apolitique, étais déçu et désappointé par les commentaires qu’il a apportés suite aux révélations du Dr. Zbidi au sujet du « Jeudi noir », quand un groupuscule parlementaire insignifiant avait salivé devant un siège présidentiel qui lui paraissait vacant et qui a provoqué chez certains des fantasmes inespérés pour s’emparer du Palais de Carthage et celui du Bardo, tout en tentant de contourner la Constitution et déclarer les postes du président de la République et celui de l’Assemblée Nationale vacants.

A cette hypothèse M. Zbidi, Ministre de la Défense, avait affirmé catégoriquement qu’il y avait effectivement une tentative de putsch, et que la question de vacance provisoire ou définitive ne se posait même pas, car les deux présidents étaient bel et bien en vie, et que les députés réunis ce jour-là au Bardo avaient l’intention de saisir l’occasion pour s’approprier le pouvoir exécutif et législatif, surtout après la diffusion sur les réseaux sociaux des « Fakes News » sur le faux décès du Président de la République.

Face à ces manigances et machinations malintentionnées Abdelkerim Zbidi, avait réagi dans la peau d’un Tunisien affecté par tout ce qu’il se disait et se tramait, et s’est opposé fermement à ces manœuvres répugnantes. Il avait informé le chef du gouvernement que l’armée ne peut pas rester muette face à ces manoeuvres indignes et d’une autre époque. Il avait mis en état d’alerte maximale l’institution militaire pour empêcher un tel « putsch », tout en insistant qu’aucun coup d’état ne peut avoir lieu en Tunisie, post-démocratique.

Ces propos avaient recueilli l’aval du chef de gouvernement qui ne souhaitait pas en arriver là. Inutile de continuer à résumer ce qu’il s’est passé, tout le monde aujourd’hui connait presque tous les détails de ce fameux « Jeudi noir ». Mais les commentaires de Zied Krichen à ce sujet étaient entachés de partialité et de subjectivité et ont manqué de respect au Dr. Zbidi. Surtout quand il lui demande de « faire des excuses » aux tunisiens tout en ajoutant qu’il avait peut-être dit ça dans un « état second ».

Les réactions des médias Tunisiens ces derniers jours me laissent sidéré, abasourdi et stupéfait et confirment bel et bien que nous vivons dans une « crise morale » sans précédent ou les âmes se vendent et s’achètent comme des objets ou la patrie est devenue une marchandise qui s’achète et se vend au grès des offres.

Pourquoi Zied Krichen n’avait-il pas demandé des excuses à celle qui a propagé ce jour la la nouvelle du décès du feu président de la république et qui a failli enfoncer le pays dans des incertitudes dramatiques ? Alors qu’auparavant un pauvre jeune avait écopé de six mois de prison pour avoir diffusé la même information ? À ce point peut-on se défaire facilement de son impartialité et de sa neutralité en matière de journalisme ?

Dr. Zbidi avait agi en bon citoyen pour empêcher un coup d’état constitutionnel et non pour s’emparer du pouvoir avec l’aide de l’armée et cela quand il a senti que les institutions de la république sont menacées et que des bricoleurs à deux balles sont en train de déformer l’œuvre conçue, imaginée et réalisée par le grand Bourguiba et dont Dr. Zbidi est le pur produit.

Pour finir j’adresse ce dicton à Zied Krichen pour lui rappeler cette formule d’Hubert Beuve-Méry, fondateur du quotidien Le Monde, que « le journalisme, c’est le contact et la distance. » A bon entendeur

Par Mohamed ABBES, Lyon le 5 Septembre 2019

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