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La saisie des actifs de la Tunisie dans l’affaire de la BFT est un scandale d’État

Tunis — L’affaire liée à la saisie conservatoire préventive sur les actifs de la banque tuniso-française (TF Bank), installée en France, par le groupe néerlandais ABCI Investment, « est un scandale qui aura des répercussions très graves sur l’économie Tunisienne et sur l’image du pays sur la scène internationale », estiment des experts tunisiens.

Le Président de l’Association tunisienne de gouvernance (ATG) et expert économique, Moez Joudi a expliqué que cette affaire qui touche la crédibilité du pays et la confiance des bailleurs des fonds et des investisseurs, empêchera la sortie de la Tunisie sur le marché financier international. Dans une déclaration à l’Agence Tunis Afrique Presse, Moez Joudi a qualifié l’affaire de « très grave et scandaleuse », ajoutant que le coût des dédommagements, encore en négociation, que l’Etat tunisien est appelé à payer, sera colossal, estimant qu’il sera de l’ordre de 1 milliard de dollars.

Il a, dans le même cadre rappelé, que le FMI, a déjà pris position sur ce dossier depuis juillet 2016.« Le FMI a même exigé de provisionner et d’évaluer le risque lié à ce dossier dans le budget de l’Etat », a-t-il encore indiqué, ajoutant que « tous les gouvernements se sont lancés la balle dans ce dossier sans assumer leur responsabilité ».

Et de rappeler que si les dédommagements à l’ABCI ne sont pas reconnus et exécutés dans l’affaire BFT comme l’exige le Tribunal d’arbitrage de la Banque Mondiale (CIRDI) « ça sera la saisie d’un avion Tunisair ou un bateau de la CTN ». L’expert Walid Ben Saleh, a, pour sa part, estimé le gouvernement et la banque centrale de Tunisie (BCT) « doivent à l’opinion publique des explications claires, nettes et précises » sur ce scandale financier.

Dans un post sur Facebook, Ben Saleh a rappelé que le dossier de la BFT a fait l’objet d’un suivi très rapproché de la part du FMI dans le cadre de ses revues périodiques; ce qui témoigne, d’après lui, « de la gravité de la situation et des risques importants s’y rattachant pouvant affecter considérablement l’appui au budget de l’Etat et la réforme du secteur bancaire ».

« Les prévisions du FMI sur le budget de l’Etat de 2019 incluent dans la rubrique « Transferts » un montant alloué au risque éventuel lié à l’affaire BFT », a encore précisé Ben Saleh. Et d’ajouter que «le rapport de la 5ème revue du FMI (Juin 2019), stipule que le gouvernement tunisien et la BCT affirment avoir voté en faveur d’une résolution du dossier, sans toutefois apporter aucune autre précision sur la teneur des décisions prises et leurs impacts éventuels ».

« Le gouvernement et la BCT se sont engagés, en 2017, à mettre en place une commission chargée de résoudre le dossier BFT », a encore rappelé l’expert. Il y a lieu de rappeler que le chargé du Contentieux de l’Etat, Chedly Rahmani a déclaré, vendredi, à l’agence TAP, que le verdict du Tribunal d’arbitrage de la Banque Mondiale, le CIRDI, dans l’affaire qui oppose l’Etat tunisien, au groupe ABCI Investment, concernant la Tunisian Foreign Bank « BFT », n’est pas définitif.

Il s’agit juste « d’une saisie conservatoire préventive sur les actifs d’une banque publique tunisienne, actionnaire majoritaire dans la BFT. La saisie fera l’objet d’un recours, de la part des avocats de cette même banque publique », a t-il affirmé.

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