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Débat présidentiel : les enchères de la médiocrité

Karoui fatigué et vidé par plus d’un mois de prison et Saïed qui n’a toujours pas atterri parmi nous, ont débattu pendant plus de 2 heures pour nous convaincre de les choisir pour présider à la destinée du pays. Ils ont réussi le plus gros flop télévisuel de ces dernières années. Nabil Karoui avait besoin beaucoup plus de sommeil que de parlote, Kaies Saïed de réalisme et de fraicheur mental.

Ils étaient trop polis à faire croire qu’ils étaient forcés de débattre pour amuser la galerie. Ils ont fait pleurer toute la Tunisie par leurs incohérences et leurs incompétences.

Karoui a choisi son cheval de bataille : la pauvreté. Il s’est révélé un vrai bourricot. Saïed a tenté de réveiller Jamel Abdennacer, Saddam Hussein et tous les turbanés qui ont envoyés les arabes aux fonds des abimes. Il nous a convaincu que certaines voies sont sans issues tout en insistant pour les prendre.

Nous avons assisté à un spectacle affligeant où questions et réponses avaient décidé de ne pas se rencontrer et où les envolées lyriques et pompeuses s’étaient opposées à des niaiseries sans aucune consistance. Nabil Karoui s’est essayé au moderisme et à la modernité sans succès. Kaies Saïed a essayé de se la jouer populaire, il n’a réussi qu’à être populiste.

Aucune imagination, aucun chiffre, aucun vrai plan de développement sauf une utilisation abusive des mots « Chaab, chabab » (peuple), technologie fakrouni (m’ont rappelé) que nous sommes un pays du tiers-monde qui a du plomb dans les ailes.

L’arrivée de Nabil Karoui et de Kaies Saied à la finale des présidentielles est une aberration de notre histoire. Elle montre à quel point nous sommes un peuple adolescent, émotif et partisan.

L’argent, qu’il soit propre, javelisé, amassé men 7alalika wa 7aramika ou soustrait au fisc, ne fait pas les grands hommes. Le tamis politique tunisien fonctionne à l’envers : il sélectionne les mauvais et il éjecte les bons. J’imagine, et je les comprends, que Mohamed Abbou et Mohsen Marzouk étaient inconsolables devant leur télé en regardant hier l’hérésie télévisuelle proposée par la chaine nationale à des électeurs et des électrices perdus et estomaqués.

120 députés avec des procès sur les fesses vont siéger au parlement et 2 candidats farfelus pour présider le pays : « zid chkoun zad » ! Après avoir obtenu le Prix Nobel de la paix, nous voilà lauréat de celui du pet haut la main mais tête baissée ! Je vais voter en mon âme et conscience, mais comment faire quand on a l’âme brisé ?

Par Hannene Ben Salah

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